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Musique : Daniel Traoré tombe amoureux de la batterie et en devient fou.

Passionné de la batterie depuis sa tendre enfance, il matérialise son rêve en intégrant la sphère des musiciens en 2007. Aujourd’hui, il en fait une profession. Klézongo Daniel Traoré, puisque c’est de lui qu’il s’agit, accompagne avec ses baguettes et ses tambours, des artistes-chanteurs nationaux et internationaux. Installé sur son instrument qu’est la batterie, Daniel ou Dany pour ses proches, ne laisse personne indifférent. Dans un entretien accordé au journal Vox Kultur, le batteur nous emporte dans son univers. Lisez plutôt.

Vox Kultur : Présentez-vous à nos lecteurs.

Daniel : Je suis TRAORE Klésongo Daniel. Je suis batteur de profession et je suis aussi beat-maker résidant à Koudougou.

Vox Kultur : Depuis quand exercez-vous en tant que batteur professionnel ?

Daniel : J’ai commencé la batterie en 2007 à Banfora. Mais en tant que professionnel, je peux dire que j’ai débuté après ma licence en 2016. Donc cela fait 5 ans que je fais de la batterie en tant que professionnel.

Vox Kultur : Pourquoi le choix de la batterie ?

Daniel : Je peux dire que depuis tout petit j’ai été fasciné par cet instrument. Disons que dès mon 1er contact, visuel je précise, parce que l’accès à l’instrument à cette époque était difficile. Donc dès mon premier contact je suis tombé amoureux de cet instrument. Mais au départ je voulais juste en jouer parce que je ne savais pas qu’on pouvait en faire un métier, du fait que nous avons grandi dans un climat et une époque où la musique n’était pas du tout vu comme un métier. Mais en grandissant je finis par me rendre compte du contraire de la pensée populaire. C’est Surtout mon contact avec des musiciens professionnels qui a provoqué le déclic. Le métier de batteur est l’un des rares boulots où tu te fais plaisir et en plus on te paye(rire). De plus il permet une certaine découverte du monde et une ouverture aux autres cultures à travers les voyages, les concerts, C’est un métier qui développe le mental et l’intelligence. Et le plus important j’aime le faire !

Vox Kultur : Alors quand et comment avez-vous commencé à jouer à la batterie ?

Daniel : Je peux dire que les débuts ont été à la fois faciles et difficiles. Facile parce que Dieu m’a permis d’être dans une ville où j’avais accès à l’instrument. En effet en 2007 la famille de Sindou a aménagé à Banfora. Là nous n’étions pas très loin d’une Église où les responsables m’avaient donné l’accès à l’instrument. Ça été difficile parce que le problème majeur était que je n’avais pas quelqu’un pour m’encadrer. Il y’ avait certes des batteurs dans la ville mais personne n’avait jamais le temps pour moi. Donc j’ai dû batailler tout seul. Cependant 2 choses m’ont allégé la tâche. Il s’agit premièrement de la facilité de compréhension, d’adaptation et la prédisposition que Dieu m’a accordé. La 2ème chose ce sont les vidéos et cours de batterie en ligne ainsi que les albums et concerts des artistes que j’écoutais énormément et tentais de reproduire les jeux.

Daniel Traoré en plein jeu lors d’un festival

Vox Kultur : Est-ce à dire que vous vous êtes auto-formé ?

Daniel : J’ai eu accès à certaines formations qui se tenaient chaque année à Bobo. Mais je peux dire que la plupart du temps, mon enseignant et maestro de tous les temps est l’Esprit de Dieu. Je ne peux l’omettre de mes propos, sinon ça serait ingrat de ma part.

Vox Kultur : Quels sont les artistes avec qui vous avez collaboré ?

Daniel : De ma petite expérience j’ai pu collaborer avec de nombreux artistes du Burkina et d’ailleurs. Je peux citer entre autres Greg, Sana Bob, Big Desal, Audrey, Maria Bissongo et son orchestre, et surtout un tonton que j’aime énormément en la personne de Samuel Zapsonré du groupe mythique Kalianga, à qui je fais un coucou. Maaté Kéita de la Guinée, Niamey Kouyaté du Mali et Kanazoé Orchestra de la France, je m’arrête là ! J’ai aussi milité pendant longtemps au sein de l’orchestre de l’Université de Koudougou.

Vox Kultur : Quelle prestation jusque-là a marqué votre jeune carrière ?

Daniel : La prestation qui m’a le plus marqué a été celle avec Kanazoé Orchestra. L’orchestre devait donner un concert à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso. Il avait urgemment besoin d’un batteur. J’ai eu seulement 4 jours de répétition avec un groupe dont je ne connaissais aucun des titres. Donc il fallait s’accrocher. Mais grâce à Dieu on a pu tenir le spectacle et après le concert de Ouaga, on nous a demandé un concert supplémentaire. Le groupe a voulu présenter d’autres titres différents des titres du précédent concert. On a répété de 14 heures à 16 heures et on est allé directement au lieu du spectacle. Ça m’a marqué parce que ça été une nouvelle expérience pour moi et ça m’a permis de ne plus avoir peur de la pression de ce travail. Les titres étaient tellement complexes avec plein de partitions, de phrases musicales qu’il fallait mémoriser ; ça été vraiment une bonne expérience pour moi.

Vox Kultur : Être batteur nourrit-il son homme ?

Daniel : Je peux dire que le métier nourrit son homme parce que nombreux sont les familles qui vivent de la musique. Cependant il ne suffit pas d’être bon pour avoir les contrats surtout ici au Burkina, mais il faut avoir les  » bon circuits et les bonnes relations » comme on le dit. Et c’est là tout le problème. Et de mon point de vue, les artistes aussi ne donnent pas assez sa chance à la jeune génération. On aime dire qu’on ne change pas une équipe qui gagne mais si on ne forme pas la relève et si on ne la laisse pas parfois la chance de s’exprimer, on finira par changer l’équipe un jour mais malheureusement elle ne gagnera plus. Je veux juste dire que bien souvent les artistes veulent que tu aies fait tes preuves, jouer avec tel ou tel grand artiste. Pourtant il faut bien commencer quelque part. L’autre problème qui gangrène le métier, ce sont les promoteurs de spectacles et certains artistes qui sont toujours prêts à discuter au rabais le cachet des musiciens. Je parle d’un phénomène que j’ai entendu, vu et vécu. Le métier d’artiste en général et de batteur en particulier nourrit bien son homme, seulement des mesures doivent être prises pour réellement professionnaliser cet art, afin que les musiciens puissent vivre de leur talent.

Le batteur reste tout souriant lorsqu’il retrouve son instrument de jeu. Là, il est entrain de monter sa batterie.

Vox Kultur : Quels conseils avez-vous à prodiguer à quelqu’un qui souhaite devenir batteur ?

Daniel : C’est de s’assurer réellement qu’il aime l’instrument cela est très important. Il devra également travailler dur et surtout être patient car les habiletés ne viennent pas du jour au lendemain, mais c’est plutôt un processus. Il devra aussi beaucoup se cultiver dans le domaine afin de connaître tous les rouages du métier, tant dans la pratique que la théorie et encore plus dans le business du métier.

Vox Kultur : Quelles sont les difficultés dans ce milieu ?

Daniel : La difficulté majeure c’est souvent la rareté de contrats solides. Bien souvent on est contraint à faire d’autres activités par-ci et par-là pour compenser. Comme je l’avais précédemment dit, il faut avoir les bons contacts pour avoir les bons contrats. Mais avec mon équipe nous mettons en place une stratégie pour surpasser ces difficultés et nous comptons sur vous les hommes de media, pour nous épauler car l’artiste sans les médias n’est rien.

Vox Kultur : Quels sont les projets futurs de Daniel ?

Daniel : Je suis en train de mettre en place une équipe (Ndlr : un orchestre) parce que je ne compte pas rester définitivement derrière les artistes. De part cette équipe je compte valoriser les rythmes de mon terroir c’est à dire la musique senoufo. Et nous prévoyons des collaborations avec d’autres groupes de par le monde. Actuellement j’organise des sessions de formation en batterie, mais j’envisage dans le futur en faire une école qui respecte les normes internationales. J’ai en projet également l’ouverture d’un centre culturel où les enfants et les adolescents et même les jeunes pourront s’initier et pourquoi ne pas même se professionnaliser dans la musique traditionnelle burkinabé et senoufo en particulier. C’est entre autres, ce que je peux citer pour l’instant.

Vox Kultur : Quel souhait vous tient actuellement à cœur ?

Daniel : Mon souhait c’est d’apporter ma contribution au rayonnement de la musique burkinabé surtout live dans la sous-région et partout dans le monde.

Vox Kultur : Comment est-il possible de vous contacter en cas de besoin ?

Daniel : Je suis joignable par WhatsApp au 00226 71906100, par téléphone au 00226 65424408 ou encore au 00226 71796646 (numéro de mon manager et agent). On peut aussi me joindre en envoyant un mail à [email protected]  ou sur Facebook en saisissant KLÉSONGO DANIEL TRAORÉ.

Vox Kultur : Auriez-vous quelque à ajouter avant de clore cet entretien ?

Daniel : C’est dire merci à vous, à tous ceux qui soutiennent le développement de la musique live au Burkina.  Et ma prière est que la paix et la sécurité reviennent dans notre pays.

Entretien réalisé par Evans KAMBOU

Vox Kultur

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